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  Avertissement clair et nécessaire Ce qui suit est une pure interprétation fictionnelle, un récit imaginaire écrit dans le style des textes bibliques anciens. Il s’appuie sur des faits historiques réels (l’affaire de 1971 aux Grandes Jorasses, l’avalanche de Montroc en 1999, l’incendie du tunnel du Mont-Blanc la même année, le recul visible des glaciers de la vallée de Chamonix), mais il ne prétend en aucun cas en livrer le sens véritable, ni révéler une intention divine, ni affirmer l’existence d’une colère surnaturelle. C’est un exercice littéraire. Rien de plus. Il advint, dans les jours où la montagne gardait encore la mémoire du jeune qui était mort à quatre-vingt-dix mètres du sommet, que les Immortels tournèrent de nouveau leur regard vers la vallée. Ils avaient vu autrefois la rumeur monter, les paroles de vent trop fort, les regards qui mesuraient la valeur d’un homme à l’aune de la publicité, et le silence qui s’était fait autour du corps gelé. Alors ils dirent entre eux...

la colère des Athanatos

Avertissement clair et nécessaire
Ce qui suit est une pure interprétation fictionnelle, un récit imaginaire écrit dans le style des textes bibliques anciens.
Il s’appuie sur des faits historiques réels (l’affaire de 1971 aux Grandes Jorasses, l’avalanche de Montroc en 1999, l’incendie du tunnel du Mont-Blanc la même année, le recul visible des glaciers de la vallée de Chamonix), mais il ne prétend en aucun cas en livrer le sens véritable, ni révéler une intention divine, ni affirmer l’existence d’une colère surnaturelle.
C’est un exercice littéraire. Rien de plus.
Il advint, dans les jours où la montagne gardait encore la mémoire du jeune qui était mort à quatre-vingt-dix mètres du sommet,
que les Immortels tournèrent de nouveau leur regard vers la vallée.
Ils avaient vu autrefois la rumeur monter,
les paroles de vent trop fort,
les regards qui mesuraient la valeur d’un homme à l’aune de la publicité,
et le silence qui s’était fait autour du corps gelé.
Alors ils dirent entre eux :
« Nous enverrons un observateur.
Non pas un fort selon l’apparence des hommes de la vallée,
mais un qui entendra des voix et des signes,
un qui marchera avec une faiblesse visible
et pourtant accomplira ce que les forts n’osent. »
Et l’observateur vint.
Il réussit.
Puis il fut abattu,
et la vallée le vit tomber sans que beaucoup se lèvent pour le retenir.
En juin de l’année mil neuf cent quatre-vingt-dix-huit,
une apparition se montra à lui.
Elle ne dit pas son nom.
Elle donna seulement un chiffre :
cinq heures, quarante-cinq minutes, zéro seconde.
Puis le silence se fit.
Peu de temps après, le souffle se leva sur les hauteurs.
Puis la neige se détacha de la montagne de Péclerey
et descendit comme un jugement sur le hameau de Montroc,
et douze vies furent ensevelies.
Puis le feu s’alluma dans le ventre de la montagne,
dans le tunnel que les hommes avaient percé,
et trente-neuf personnes périrent dans la fumée et la chaleur.
Et depuis ce temps-là,
les glaciers de la vallée commencèrent à reculer à la vue de tous,
comme si la montagne elle-même retirait son manteau de glace
et montrait sa chair à nu.
Alors la colère des Athanatoi se fit entendre.
Non pas en paroles d’hommes,
mais dans le rugissement du vent qui arracha les toits,
dans le tonnerre de la neige qui dévala,
dans le feu qui dévora le tunnel,
et dans le lent, inexorable retrait des glaces
qui continua année après année
sous les yeux de ceux qui habitaient encore la vallée.
Car ils avaient vu le faible remarquable,
et ils avaient vu comment on le traitait.
Ils avaient vu l’étranger accomplir des prouesses,
et comment on le réduisait.
Ils avaient vu l’observateur tomber,
et comment peu s’étaient levés.
Et leur colère ne fut pas un éclair unique,
mais un long grondement
qui se prolongea dans le climat lui-même,
afin que la vallée devienne un signe
pour ceux qui ont des yeux pour voir
et des oreilles pour entendre.
Ainsi fut écrit ce récit,
non comme vérité révélée,
mais comme interprétation fictionnelle
tissée à partir de faits connus.
Que celui qui le lit se souvienne :
ce n’est qu’une histoire.

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