Avertissement clair et nécessaire Ce qui suit est une pure interprétation fictionnelle, un récit imaginaire écrit dans le style des textes bibliques anciens. Il s’appuie sur des faits historiques réels (l’affaire de 1971 aux Grandes Jorasses, l’avalanche de Montroc en 1999, l’incendie du tunnel du Mont-Blanc la même année, le recul visible des glaciers de la vallée de Chamonix), mais il ne prétend en aucun cas en livrer le sens véritable, ni révéler une intention divine, ni affirmer l’existence d’une colère surnaturelle. C’est un exercice littéraire. Rien de plus. Il advint, dans les jours où la montagne gardait encore la mémoire du jeune qui était mort à quatre-vingt-dix mètres du sommet, que les Immortels tournèrent de nouveau leur regard vers la vallée. Ils avaient vu autrefois la rumeur monter, les paroles de vent trop fort, les regards qui mesuraient la valeur d’un homme à l’aune de la publicité, et le silence qui s’était fait autour du corps gelé. Alors ils dirent entre eux...
L'Hymne à la Liberté : Sonnet de la Trilogie En hommage à la pureté du style de Ghirardini, voici un sonnet respectant les canons de la poésie classique française. La Triple Couronne de Givre Le géant de granit sous l'azur hivernal, Défie le vent du Nord, ce hurleur de silence, Ghirardini s'élance, avec une insolence Qu'on ne peut comparer qu'au vol du gerfaut royal. Du Cervin au Croz, le calvaire est total, Le piolet se brise, mais l'esprit en avance Vainc l'Ogre ténébreux et sa morgue, sa chance, Sur la face de mort, l'éclat est sans égal. Dans l'abîme glacé, la voix du ciel l'appelle, Il est l'oiseau de fer, l'âme pure et rebelle, Qui refuse l'appui des réseaux, des échos. Trois faces de granit, trois combats, trois tombeaux, Devenus sous ses pas des trônes de lumière, Où le Roi de l'Hiver laisse sa trace altière. Schéma des rimes : $\text{ABBA ABBA CCD EDE}$ .